C'est un quatrain
Un peu coquin
Qui se porte bien
Et qui vous dit : « à demain ! »
Collège
Buffon, Paris XVe, 1985
*
* *
*
Prends ton bavoir
Faute d’en avoir
Prends donc un buvard
Si c’est rasoir
Va te faire voir
Car sans te voir
Je me fends la poire
Mais je ne suis qu’un bavard
Qui ne mérite pas de te voir
Car je ne suis qu’un blafard
Cependant si par hasard
Tu t’ennuyais un de ces soirs
N’hésite pas à me vouloir
Paris XVe,
vendredi 18
novembre
1988
*
* *
*
Il n’y a pas d’amour sans haine
Et je t’ai aimée toutes ces années pleines
Que si je venais à te rencontrer
Je ne pourrais que te dédaigner
Cependant je crois à l’exception
Assez pour que nos cœurs brûlent à l’unisson
D’une harmonie et d’un air parfaits
Qui ne pourront que se prolonger à jamais
Ainsi, j’attends le doux moment
Où nous pourrons communiquer autrement
Car je me sens proportionnellement
Aux années plus éloigné de toi qu’auparavant
C’est pourquoi mon ardent espoir
Ne cesse de crier : « ô désespoir ! »
Qu’il est dur à concevoir
Un tel amour sans jamais te voir.
Paris XVe, vendredi 18 novembre 1988
*
* *
*
Continuellement j’aime via Platon
Les filles qui ne manquent pas d’extériorisation.
Pourquoi ne puis-je agir à leur façon ?
Mes yeux ne montrent que
l’indifférence
Car la jeunesse sans insouciance
Ne peut faire preuve d’indulgence
Qu’à l’égard de la patience
Est-il sentiment plus douloureux
Que celui de se sentir presque vieux
À côté de ceux
Qui chaque jour ne vivent que mieux
Dorénavant,
Je dois aller plus avant,
Oublier tout antécédent
Qui gênerait mon épanouissement.
Paris XVe, vendredi 18 novembre 1988
*
* *
*
Mon espoir est de te voir
Avant que ne tombe l’éternel soir
Qui empêchera de nous émouvoir
Que veux-tu que j’y fasse
Si mon cœur désire qu’on s’embrasse
Si mes bras s’ouvrent pour qu’on s’enlace
Et si mes sens demandent qu’on se prélasse ?
Toi et moi dans une île déserte
Je te ferai de multiples offertes
Que tu accepteras si tu t’y apprêtes
Pour ensemble s’unir dans les découvertes
Loin de toi je m’ennuie
Et nous sommes deux points qui se fuient.
La providence a-t-elle omis
De nous rendre plus qu’amis ?
Paris XVe,
samedi 19
novembre
1988
*
* *
*
Sans que je puisse te toucher
Maintenant que le destin nous a rejoints
Nous nous disons : « à demain ! »
L’amour est ingrat
Il rend la solitude malheureuse
Et comme si cela ne suffisait pas
Il rend la communion désastreuse.
Cultiver : l’amour des
charmes anciens
Germer : la beauté nouvelle qui nous retient
Sécher : l’élan vertigineux, réduisant le maintien
Sentir à nouveau vide l’antécédent, enfin.
Qui a-t-il de compréhensible,
Lorsque l’on sépare ce qui est miscible
Malakoff, dimanche 18 novembre 1990
*
* *
*
On se permet des tutoiements…
Mais le manque de précédent
Cache les méfaits d’un enfant.
Avril quatre-vingt dix :
Bonheur illusoire virant,
Comme attiré par les profondeurs d’un tourbillon,
Au désespoir.
Juin quatre-vingt dix :
Prise de conscience que seuls deux ans de distance
Suffisent à briser âmes adolescentes.
Décembre quatre-vingt dix :
Enfant du monde exclu
Par un manque d’amour absolu…
Pardon, demi-moi, de t’avoir déconçu*.
Dix-huit ans : l’âge des illusions perdues…
Malakoff, le jeudi 27 décembre 1990
*
* *
*
Vers oniriques
Bismuth bucolique
Joaillier ancestral
Du moment si fatal
Hyperbolique ?...
N'y a-t-il pas,
Succédant l'appât
Dans l'a-sage* bras gauche
Une démoniaque ébauche
Une création cosmique ?!
Hymen, entends-tu,
Dominé technologique,
Humble parole diabolique
Que l'immonde monde a connue ?
Malakoff, le
mardi 2
avril 1991
*
* *
*
Se décide enfin par l’inspiration prise
À griffer le bois de quelques méandres
Avec l’agitation d’une main si tendre.
(…)
Je m’appelle :
« pour le pire »
Ayant l’idée en souvenir
De m’effacer avec sourire
Paris XVe,
le jeudi 9 mai
1991
*
* *
*
Connais-tu le drame
Qui lentement se trame
À l’insu de ton dos ?
Il existe des êtres noirs
Qui sans presque le savoir
Tracent de longs couloirs
S’emplissant de désespoir
Ils agissent sans vice,
À la traitresse obéissent,
Oubliant que les sévices
Blessent en coulisses.
Si l’amour un temps
Trêve t’accordait seulement,
Croirais-tu un instant
Que le mal est blanc ?
Malakoff, septembre 1991
*
* *
*
D’été de Paris
A laissé mon cœur dans l’insomnie
Parce qu’au loin tu es partie.
Seul et par le vide affaibli,
Chaque jour durant, je prie
Pour occuper mon esprit
Et atténuer mon ennui.
Entends-tu seulement le chant que je
cris ?...
C’est pourquoi, aujourd’hui
Il se dresse par écrit…
Hier est parti,
Depuis, toi aussi…
Et maintenant, me manque Naomi
Malakoff, le
mercredi 5
août 1992
*
* *
*
Car de tes attraits tu en as trop fait.
Je suis venu te dire que tu me plais
Car de nos attraits nous nous sommes défaits.
Je suis venu te dire que je me déplais
Car de mon instinct je me reprenais.
Je suis venu te dire que tu n’existais
Que dans tes rêves les plus discrets.
Je suis venu te dire que je me méfiais
Du temps et de l’air que tu me montrais.
Je suis venu t’assommer
De cet imparfait plus qu’imparfait !
Jeudi 10 juin 1993
*
* *
*
Je me sens frustré
Mais d’espoir ne cesserai d’embrasser
Le temps qui court pour nous rapprocher.
De ta peine à ta peau salée
Ruissellent des larmes blessées
Dont mes lèvres se sont humectées
Par pure transmission de pensées.
Si joies et peines veulent couler
Sache que je nourris l’envie pressée
De communion m’en abreuver
Si aujourd’hui je me suis arrêté
C’est que de liberté me suis détaché
Pour mieux chérir encore l’être aimé.
Metz, le samedi 2 juillet 1994
*
* *
*
Tu me l’as appris
La petite Thifène
Ne m’a touché qu’à peine
La petite Narcisse
De la bourgeoisie était l’esquisse
La petite Nadia
Un service rendu je crois
La petite Annabelle
A saisi l’occasion la plus belle
La petite Alime
Au café du café s’arrime ?
Ma petite Aline
De la peine à l’intime
Ma petite Flavie
Tu fus toute une vie
La petite Ora
Était-ce bien à trois ?
La petite Monique
Ne partagea que ma mort atypique
La petite Gaëlle
A inventé le mariage parallèle
La petite Angelina
Faire ou refaire ne savait même pas
La petite Élise
Ne cherchait que les bêtises
Ma petite Dominique
À m’apprendre les regrets tu fus l’unique
La petite Lola
N’était même plus là
La petite Grisélidis
Voulait que je palisse
La petite Joséphine
Avec le rock a joué la fine
Ma petite Naomi
Même avec elles je ne t’ai pas trahie
La petite Joséphine
Lui ai appris la vérité sans praline
La petite Ora
Un Dom Juan a fait de moi
La petite Alicia
A testé mon karma
La petite Alicia
Pour les flics récidiva
La petite Mariem
Aura su que je n’étais pas moi-même
La petite Amanda
Finalement m’alluma
Aujourd’hui de toi j’ai appris
Que tu n’étais qu’une Naomi
Malakoff, le jeudi 10 août 1995
*
* *
*
Cette rose est comme la vie
De splendeur elle reluit
D’amour elle rougit
Et se fane pour la nuit
Aujourd’hui tu as notre rose
Qui de tes entrailles s’est éclose,
Et avec amour s’est vue mais n’ose
Poursuivre son combat inné et grandiose
Demain nous aurons compris
Que toute rose qui prend vie
Demeure en nos âmes à l’infini
Même si tel l’amour elle doit saluer la vie
Avec ce geste j’impose
Qu’espoir renaisse encore plus rose
Car pareil à cette prière en prose
Je vous aime vous et notre rose
Dans un bus parisien, le vendredi 11 août 1995
*
* *
*
Qui en disent long…
Regards détournés, regards absorbés,
Sourires de plaisir, sourires pour détruire,
Gestes translucides, gestes avides,
Baisers d’envoûtés, baisers de blasés
Autant de moments silencieux
Peuvent-ils restés ?
*
* *
*
N’est resté que moi,
Toi Dieu sait où
Moi ne sait pas
Nous sans toi, nous sans moi
Vendredi 3 mai 1996
*
* *
*
De nos prunelles noires saines
À nos silhouettes d’ébènes
Je ressenti l’amour suprême
Qui jaillit des vertes années même.
Déjà nos sourires pudiques s’effacent
Vers la gauche mes esprits s’évadent
Pour mieux respirer le vent du passé
Nos âmes se sont reconnues
À jamais se sont tues
La joie d’un instant fut.
Clamart, le samedi 4 mai 1996
*
* *
*
Près de tout m’a conduit
D’abord porte et couloir qui fuient
Et soudain de cette porte le bruit
Et toi, oui toi derrière
En apparition de verre translucide
Subitement comme l’éclair
Je t’ai reconnue, Anne-Claire
Un mouvement d’hésitation
Donne à la porte sa raison
Et échappant à la trahison
Me sauve par le colimaçon
Un étage, puis deux
Je suis là anxieux
De n’avoir pas peu
Omis du tout notre jeu.
Clamart, le samedi 4 mai 1996
*
* *
*
Qui a aimé latente
Notre projet d’amour en pentes
Et notre liberté décente.
Au courage et au bonheur
Nous nous adonnions en cœur
Des étincelles à la lueur
Nous seuls savions la candeur
Aujourd’hui rien ne me fait peur
Car de toi j’ai appris la splendeur,
L’amour qui s’offre est le meilleur
J’ai replacé ma tente
Pour que tes yeux me chantent
Comme par le passé la violente.
Clamart, le samedi 4 mai 1996
*
* *
*
Nous nous sommes tous rassemblés,
Attirés par l’ardent espoir inné
De vivre heureux, de partager
Le peu que nous avons à donner
Sous la statue de la Liberté
Nous nous sommes tous rencontrés,
Soudés par une confiance spontanée,
Dans le partage glorieux des idées
Commençons la conquête, allez, Venez !
À côté de la Liberté
Oui vous nous reconnaîtrez
Oui pour ensemble ériger
Le vrai défi d’équité
Puis dans la Liberté
Nous battrons, tous enfin ailés,
Le tambour et le diapason
De la paix libérée.
Au pied de la Statue de la Liberté, Paris XVe, le vendredi 2 août 1996
*
* *
*
Nous deux ce n’était pas hasardeux
Jamais un soupçon ne se glissa entre nous
Car être le reflet de nous, toi et je,
Ne peut entamer notre « sommes-nous ? »
Deux mois de merveilleuse tendresse
Sans jamais un regard qui baisse
Ou même un retour de maladresse
Et toujours le fin propos épris de hardiesse.
Lorsque je voulus te croquer
Le lendemain tu te mis à griffer
De fusain le clair obscur papier
Lorsqu’enfin je t’ai malmenée
De plus belle tu accentuas la nuance
D’appartenance à mon idylle, bonté divine
Paris XVe, le dimanche 22 septembre 1996
*
* *
*
Que de grains ont en vain tenté de rayer votre chair mystique
Sans jamais avoir pu entamer votre beauté antique.
Dunes ! Votre vie sera force cyclique.
Jamais
Paris XVe,
le dimanche 22
septembre
1996
*
* *
*
Amour sans pareil
Idylle en veille
Fantôme de miel
Pic de Lune
Haine si commune
Chienne, bitume
Réalité posthume
Hasard, essai
Bazar, vrai
Foutoir essai vrai
Mais tétanisés
Fortuitement amoureux
D’un bordel aqueux.
Paris XVe,
le mardi 24
septembre
1996, 5h52
*
* *
*
Ambiance café noir, chaud.
Je
me heurte du petit rien qui crée la distance qui nous sépare. Je nous
vois pourtant si près. Comment décrire cette sensation qui s'échappe.
Celle qui émane de vous est délicieuse, me prend anxieux de tout
l'Amour que vous me donnez. De votre art ruisselle en moi ce courant
dément. J'aime votre bateau. J'aime aussi les cargos. Partir, naviguer,
ce n'est jamais assez. Il nous faut la démence des circonstances.
Sur
votre corps, je navigue l'océan, éperdu par votre peau, en quête de
tous vos îlots, sublime l'esquisse, voilant l'hyperbole de votre
souffle intime. Aux cimes de l'abîme, j'entends votre chant.
Que le temps est lent !
Le temps nous ment.
Ambiance Pelforth brune.
Nous
sommes, un temps. Au gré de vos alizés, perdu déboussolé, d'écume en
écume, j'hume votre beauté de grains clairsemés, oubliant sciemment la
dérive, me laissant la tête ballotter par le bateau, des flots agité.
Parcourant latitudes, parallèles, tous les horizons s'entremêlent et la
dérive est pourtant là. Sur sa carte d'aquarelle, le navigateur
découvre, des flots scintillant, autant de grains potentiels. Il ne
naviguera plus. Il sait que l'allégresse est une richesse qui se
succède aux instants et la mer une source intarissable pour celui qui,
inlassable, confie l'errance à la providence.
De la dérive aux
grains salés, il prend le temps, aime et consent. De l'Orient à
l'Occident, les flots berceront la coque nonchalamment. Il sait
probablement que les grains sont l'espoir de nos vents.
Sur ma carte
d'aquarelle, navigateur, je découvre des flots scintillants, tant de
grains potentiels. Ne plus naviguer, savoir que l'allégresse est une
richesse qui se succède aux instants et la mer une source intarissable
pour celui qui, inlassable, confie l'errance à la providence. De la
dérive jusques aux grains salés, j'attends, j'aime et je consens aux
vents, l'espoir de découvrir votre beauté par l'élan.
Ambiance, je me comprends.
Au café Pasteur, Paris XVe, le jeudi 5 décembre 1996 – 16h25
*
* *
*
Tout n’est que paroles dans ce monde d’écrits…
Par des exemples non supputés on pourrait en démontrer tous les sarcasmes composés mais n’est-il pas plus intéressant de s’adjoindre la pensée de mieux raisonner dans l’absout ?
Paris Ier, le jeudi 8
mai 1997
*
* *
*
Complainte
Toutes les conditions sont réunies
Toutes les conditions sont désunies
Je suis seul
Fatigué, errant tout est si simple me chante le mépris
Las, assis tout est si difficile m’estampe l’ennui
Pourtant je sifflais, je chantais,
Les vers mourrisaient*(1) mon esprit
Trahison !
Que me suis-je promis de vertus à foison ?
De paresse à confort qui tuent le don,
Jamais plus n’assiérai-je de Salut griffon
Le papier que jadis ma plume éperon,
Salvatrice, imbibait de gondolement la guérison ?
(1) À l’origine : nourrissait ou mourrait (voir même pourrissait ?)
Paris IIIe, le mardi
22 décembre 1998
*
* *
*
Ornement de poignet
Si souvent je l’aurai regardé…
Cette nuit votre bracelet s’est envolé,
Je vous l’avais porté avec fierté,
Vous lui nouâtes toutes les beautés
Si vous l’aviez vu me sentir s’en habituer
Vous aussi l’auriez surpris à m’étonner
Tout autant qu’à se manifester
Si vous m’aviez senti l’oublier
De sa soudaine brisure un temps attristé,
M’en suis déjà presque consolé
Ô Belle ! Cette nuit des fils cassés
Votre pouvoir est né
Daignerez-vous consentir votre acceptante quiétude
À l’humble parole même enjoué
Du témoin le plus discret de toutes ces nuits passées
Évadé des couleurs éclatantes que son ultime été lui avait donné
Pour emporter mon secret à jamais ?
Paris IIIe, le mercredi
15 septembre 1999
*
* *
*
Je t’aime et je te crois
Lune pleine au jour de printemps
Je vis ce silence emplir mon firmament
Attente silencieuse désespérer mon émoi
Représentants du mystère universel
Inconsciemment émus par l’apogée constellée
Pour croire, j’appelle
Du plaisir contemplatif au bonheur naturel
Froideur tu es la reine d’envergure
Qui cache nos quatre yeux aimants
La candeur des corps perçant
Toute velléité conventionnelle de la gestuelle
Sentir battements de cœur,
Les refuser et s’en éloigner par un geste léger en souriant
Regretter l’échappée qui refroidit les sentiments profonds
- Savoir l’amour présent.
Clamart, le jeudi 30
mars 2000
*
* *
*
Puisse l’aurore du prochain millénaire voir l’avènement de toutes vos espérances séculaires
*
* *
*
Oui deux mois à vouloir dormir comme avec toi
Inattentif à son désir de solitude
À corps et âme par constance en émoi
Ave ma dame régente de mon attitude
J’ai vécu l’été le plus glacé de mon âme
Jusques à découvrir l’éternelle flamme
Amour sûre qui se tord du vidame
Et brûle en silence la pensée du souffrir à jamais
Nulle céleste lucidité nocturne
Que votre candeur Saturne
L’incessante bise hivernale réchauffer ne saurait
(non parachevé)
*
* *
*
Ma belle aimée
Adieu
La providence que les dieux nous ont donné
Il était pourtant là ce don de soi pour toi
Notre amour hors-la-loi, notre amour infini sans écrits
La Terre, les hommes, les femmes m’ont pénétré
De tant de clous, de tant de coups,
Je suis épinglé, fini, évincé
Toute ma vie durant pour avoir fait ce choix
D’efforts incessants je vais payer
Lavradio, le mardi 27 avril
2004 – 11h12
*
* *
*
De la peur de me mourir dans une
autre vie
qui ne me ressemblerait pas
elle m’aima, me tortura,
mais jamais ne m’arracherait à toi
Je m’en retourne à la consciente
source de la vie
y vivre et panser mes blessures,
les adoucir de notre trop grand amour
loin de toi,
sans toi, avec toi
Lavradio, le mardi 27
avril 2004 – 15h00
*
* *
*
Garde bien dans ton fort intérieur la richesse des années antérieures.
Vis, vis, vis, tant que je ne meurs d’emporter avec moi nos erreurs.
Lavradio, le mercredi
28 avril 2004 – 17h06
*
* *
*
Et moi, et moi alors si fragile, seul caché au silence de l’émoi,
Qui jadis m’offrait à toi muet, aveugle et sourd
Parce qu’il y a des dessins qui valent plus qu’un discours,
Parce que plus loin qu’une première impression superficielle tu sauras
Ce que mes mots n’ont pu alors même exprimer tout bas,
Parce que loin de tout et de toi ton indifférence aujourd’hui ne m’atteint pas,
J’espère qu’enfin tu me comprendras…
L’autre, mais tellement moi, si romantique à destination du
précédent millénaire
Déjà parti vivre les deux siècles qui maintenant nous séparent en arrière
Jusqu’au jour de la brisure de cette sphère qui me propulsera dans une autre
ère
Le ciel bleu aura voilé mes yeux du goût amer de n’avoir pu comprendre nos
adieux à la Terre.
Donne-moi la chance de panser mes blessures, donne-moi la
force du son de ta voix
J’ai si peur que tu me laisses là,
Soit pour moi ce que je ne sais pas
Sais pour moi ce que je ne suis pas
Vous pour qui les planètes sont des points sur les i
Vous savez combien je l’aime à l’infini
Combien j’ai besoin de votre abri
Et d’ici combien mon cœur est si meurtri
Donne-moi la chance de panser mes blessures, donne-moi la
force du son de ta voix
J’ai si peur que tu me laisses là,
Soit pour moi ce que je ne sais pas
Sais pour moi ce que je ne suis pas
Parce qu’il y a des desseins qui valent plus qu’un long parcours,
Parce que plus rien après notre amour jamais ne ressuscitera
Ce que d’éternel tes mots m’auront exprimé sans voix,
Et fait s’envoler l’ancien fardeau
Et fait rejaillir ce si doux souvenir toujours de toi ancrée en moi
J’espère alors que tu comprendras…
Cet autre, tellement moi, qui voyait en toi sa dulcinée et mère
Nos enfants, héritiers séculaires d’un nouveau départ
Jusqu’au jour de la brisure de cette sphère qui me propulsera dans une autre
ère
Le ciel dans leurs beaux yeux et mon goût amer de n’avoir pu embrasser le Dieu
de nos chairs
Lavradio, le vendredi
30 juillet 2004 – 10h32
*
* *
*
Je crèverai un jour de ce foutu manque d’amour
L’abcès innervé de cette syllabe mal placée
Je crèverai aussi ce jour-là d’un trop-plein de détours
Épuisé, laissé, par ce lit ravi, englouti,
Tombé d’une putain de rime constellée
À mes premières amours déliées
Contre toute attention mon cadavre à contre-jour
Une plume entre les mains, le teint pâle, l’air enjoué
Je t’offrirai la télépathie inédite d’une vie d’amour
Je pourrai enfin tout te pleurer sans me cacher…
Sécher même tes larmes au fond de moi,
Mon amour je partirai avant toi.
À l’orée de penser ce firmament
Ma destinée seule te sera réservée,
De là-bas je t’attendrai même l’éternité
Fut-ce au sortir de mes démêlés avec la voie lactée
Enfin là-bas, ô seul là-bas, retrouve-moi, retrouve-moi !
Pour une fois, avant toi je te laisserai là
À la porte de l’au-delà, ma dernière pensée pour toi,
Juste une fois, ô laisse-moi partir avant toi
Juste cette fois, me finir de tout ton toi
Me sentir de tes bras glisser dans l’au-delà
Entre toi et les cieux te faire mes adieux
Lavradio, le vendredi
30 juillet 2004 – 13h29
*
* *
*
Pardonne-moi, je ne savais pas
Tout était déjà en moi
Mais s’il le faut le restera
Laisse-moi te donner au moins ça
Le temps s’arrête et même si je meurs doucement là
C’est encore pour toi que je fais ça
Plus long sera le voyage sans toi,
Lourd l’attelage de mots pour toi,
Un contre un, mots contre maux
À des millions d’années-lumière
Une étoile scintille dans nos yeux
À des millions d’années-lumière
Son éclat jusque Terre
Brille pour nous deux
De l’aveu qui rend heureux
Lavradio, 2004
*
* *
*
Poèmes
Ô inspiration, tu es seule nécessaire
À projeter les sentiments dans l’ère.
Des profondeurs abyssales tu te sers,
Comme la culture d’un souvenir amer
Parfois la tendresse devient ton
support
Pourvoyant les aléas cognitifs, le sort
De fils suffisamment retors
Pour mener l’histoire, le conte à bon port.
La folie, plus que tragédie,
Se doit d’être une fine stratégie,
Un fard léger, une sorte d’habile comédie.
Presque jamais tu ne t’es moquée,
Tu demeures la trace élevée,
Le souvenir de ce que j’ai aimé
Malakoff, le samedi 27 mars 2010
*
* *
*
Souvent parce que j’ai voulu te le
dire
Mais isolé, je ne pouvais que m’écrire
Car aucun autre moyen n’était disponible
Pour fendre notre long silence si pénible
Alors ce silence devint ma compagnie
Il était si fidèle, confortable et plein de vie
Aucune contrainte pour défit
Mais toi victime de son insatiable mépris
Il a longtemps été plus fort que moi,
Rendant impossible ce dépassement de soi,
Cette insouciante et si désirable joie,
Mais pas plus que mes silencieux hymnes à toi
Chaque fois qu’un d’eux s’en prend à
moi
Renaît sitôt l’éternelle lutte d’autrefois,
Et quitte à vivre de pertes et fracas
C’est bien ce semblant de mépris qui mourra
Tel serait mon éternel combat
Si toutefois je n’oubliais pas
Que tu n’es plus là…
Que tu ne désires plus être là !
Toi, tu t’éveillais alors que je
dormais encore
Tu m’as patiemment ouvert ton horizon
Et j’ai mis du temps à imposer ma raison,
Celle qui nous permit à nouveau d’éclore
Toute tentative était cependant vaine
L’écho de ma voix intérieure
Ne trouvait de silencieuse lueur
Que dans ma flamme intérieure
Aujourd’hui, nous sommes bel et bien
envahis
De toutes ces riches et belles technologies
Qui tentent de rapprocher nos yeux déjà ébahis.
Malgré cela nous n’avons toujours rien compris
Dans l’ultime creux de la vague
J’aurais remué ciel et terre
Pour briser le silence de cet enfer
Juste briser le silence qui se targue
De pouvoirs qui toujours et encore me narguent
Malakoff, le
vendredi 9 avril 2010
*
* *
*
Avoir une grande famille comme sort
C’est trop souvent côtoyer la mort,
Sentir aussi la générosité des plus proches
Qui n’hésitent pas à mettre souvent la main à leurs poches
Combien d’entre eux partiront encore avant moi ?
Maladies, accidents tuent à petits feux les surmoi
Emportent mes contemporains devant l’Éternel,
Hélas impuissantes âmes mortelles
Grands-parents, oncles, professeurs, cousin
Amis, grand-tante, collègue ou tante par alliance
Tous ont dévié du grand dessein
S’en sont allés vers d’âpres silences
Un jour c’est moi qui partirai
Serai-je un instant fier et satisfait
D’avoir su donner au moins autant que j’ai reçu ?
Ou bien serai-je de cette éphémère joie toujours dépourvu ?
Malakoff, le jeudi 6
mai 2010
*
* *
*
Les souvenirs seront trop peu nombreux par ici
Pour décrire l'aura qui à toi encore nous lie
Puisque ton cœur ne bat plus mais où que tu ailles,
Les nôtres continueront de battre pour ta survie
Gloire aujourd'hui à tes champs de batailles,
Ton merveilleux patrimoine qui, ici encore, nous réunit.
Malakoff, le mardi 4
janvier 2011 – 3h25
*
* *
*